La femme selon Gilead

La servante écarlate dépeint une société privée de libertés individuelles fondamentales, y compris pour les élites du pouvoir exclusivement masculines. Le slogan pour les femmes selon Gilead pourrait être résumé ainsi  » Droit à rien mais Dieu pour tous« .

Dans un état totalitaire tel que Gilead, pour les femmes, dans son ensemble, toutes les options sont déplorables : déshumanisantes pour la majorité et particulièrement terribles pour certaines. Mais peut-on comparer une femme dans les colonie dont la chair se décompose au fil du temps à une servante condamnée à être violée une fois par mois, maltraitée par une épouse méprisante ?

LA femme n’existe pas : Chapitre 1 verset 1

Au sein de Gilead, point de femmes ! La société est divisée en trois principales castes au sein desquelles chaque rôle est strictement défini :

Les Épouses des commandants : inutiles lorsqu’elles sont infertiles (ou supposées stériles) mais puissantes au sein de la maison.

Les Servantes : objet de procréation, matrice devant l’éternel.

Les Marthas : sorte de bonnes à tout faire qui entretiennent la maison.

A la périphérie se trouve les « Tantes ». Tantôt matrones, tantôt formatrices des apprenties servantes, ces « femmes » possèdent un certain pouvoir au sein de la société Gileadienne. Leurs principales caractéristiques sont : citer la bible à demi, brutaliser les rebelles à l’aide d’aiguillon à bétail, rééduquer les femmes décadentes, injecter une bonne dose de culpabilité chez les « élèves » …

La dernière catégorie de femmes, quasi invisible dans la série, est nommée « ÉconoFemmes » (EconoWifes). Ce sont celles dont les maris sont au bas de l’échelle sociale. Une ÉconoFemme est tout à la fois, épouse, Martha et servante.

Chapitre 2 : Tu ne porteras point les habits d’une autre

Dans une régime comme Gilead, les vêtements et les couleurs sont le reflet de la hiérarchie sociale. Une tenue ainsi qu’une couleur assignée aux femmes d’un symbolisme qui n’est pas sans précédent historique. Margaret Atwood indique :

Pendant très longtemps, avant que les gens sachent lire et écrire, il y avait des règles sur qui pouvait porter quoi . Ainsi, en regardant une personne, vous pouviez savoir si elle était aristocrate ou quelle fonction elle remplissait dans la société

De nombreux totalitarismes ont également utilisé des vêtements, à la fois interdits et obligatoires, pour identifier et contrôler les individus (étoiles jaunes ou pourpre romain) et beaucoup de tyrans ont régné derrière un front religieux. Cela rend la création d’hérétiques beaucoup plus facile ! A l’instar de la dystopie de Huxley dans « Brave World », dans une république telle que Gilead, toutes les classes d’hommes et de femmes sont définies par les couleurs qu’ils portent avec des normes plus restrictives encore pour les femmes !

Les costumes de modestie portés par les femmes de Gilead sont dérivés de l’iconographie religieuse occidentale :

  • Les épouses portent le bleu, symbole de la pureté de la Vierge Marie
  • Les Servantes portent un rouge foncé inspiré de divers personnages ou symboles, par exemple, la couleur vestimentaire des prisonniers allemands détenus au Canada durant la Seconde guerre mondiale (le rouge étant une couleur plus visible sur la neige en cas de fuite). Atwood fait également référence au rouge des peintures de la Renaissance ainsi que la couleur portée par Marie Madeleine sur certains tableaux. La romancière ajoute « D’un autre côté, le rouge est la croix et le rouge est le sang« , faisant référence à la théocratie d’une part et l’accouchement d’autre part.
  • Les femmes des hommes inférieures dans l’échelle sociale sont appelées « EconoWives » et portent des vêtements a rayures.

Les bonnets blancs qui agissent comme des œillères et les coiffes qui réduisent considérablement le champ visuel des Servantes ont été inspirés du costume des religieuses du milieu de l’époque victoriennes. Margaret Atwood ajoute :

Mon inspiration vient également du paquet « Old Dutch Cleanser » (produit de lessive et nettoyage) des années 1940, qui montrait une femme au visage caché, et qui m’effrayait quand j’étais enfant

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